vendredi 20 mars 2009

Coco numéro 0

Coco, un personnage "éclatant"

Alors il est comment le prochain film de Gad Elmaleh ?
Gad est beau, Gad est intelligent, Gad est drôle sans jamais être vulgaire, et désormais Gad est réalisateur et incarne Coco.
Coco, rien à voir avec Chanel, ni Cocorosie ou quoi. Coco, à l'instant de Chouchou, est un personnage d'un des spectacles de Gad, vous savez, ce type qui veut faire de la Bar Mitzvah de son fils un événement national, voire internationnal, sinon planétaire.
On retrouve donc ce personnage au sobriquet aux deux syllabes identiques dans un long métrage, qui, comme son personnage, a de gros moyens.
Gad Elmaleh passe donc à la réalisation, une réalisation plus rythmée et plus pro que Chouchou, avec le jeune comique Manu Payet, l'inénarable Jean Benguigui, Enrico Macias (qui avait joué dans La vérité si je mens 2).
Malgré cela, rien n'y fait. Le film de décolle pas, on rit peu, on sourit plutôt. Hormis le pitch de base, pas grand chose de plus dans le scénario, les enjeux dramatiques sont pour ainsi dire inexistants et donc les moments dits d'émotion ne nous font rien puisqu'on n'y croit pas, on n'accroche pas.
Chouchou, à défaut d'être un grand film comique, mettait en scène un personnage pas évident, un travelo d'origine algérienne, et Gad Elmaleh, qui n'était pas encore la superstar d'aujourd'hui , risquait beaucoup, et faisait d'un sujet habituellement tragique et marginal au cinéma un film fédérateur, qui, mine de rien, enseignait une certaine tolérance (Gad est aussi une immense star au Maroc et être travelo au Maroc ce n'est pas... évident). Coco, juif séfarade d'origine marocaine qui est parti de rien pour arriver à tout, n'arrive pas à nous toucher dans sa volonté de "montrer". Ce trait qui devait être émouvant -et qui pourrait être un rien autobiographique, toute proportion gardée, Elmaleh n'est pas du genre bling-bling- ne nous touche pas. La vérité si je mens 1 et 2, ou Comment t'y est belle, entre autres, ont surexploité les séfarades bigger than life qui jurent sur la vie de leur mère, portent des sapes dorées et se la donnent un max ; et ce qui faisait rire dans le sketch éponyme était justement que Coco exagérait tout ce qu'il disait, on n'imaginait pas que Spielberg vienne filmer la Bar Mitzvah de son fils etc... En gros c'était le côté "marseillais" et mauvaise foi du personnage qui faisait rire, sans compter que la durée d'un sketch n'est pas celle d'un film. Dans Chouchou, il y avait, pour répliquer à Gad, deux très bons acteurs dans deux bons personnages forts : Roschdy Zem en Frère Jean (ex-caillera devenu curé après avoir vu la Vierge) et Alain Chabat en amoureux transi d'une fille-garçon. Pour Coco, on a une apparition clin d'œil autobiographique de Depardieu, mais les autres personnages ou acteurs ne sont pas assez travaillés et font figure de faire-valoir.
On retrouve des gimmick -"Tu m'as éclaté !"- qui prendront sans doute le relais de "J'adoooore les sushi", l'humour de Gad n'est pas cradingue (ça fait plaisir), mais un immense comique de One man show (dont le premier spectacle, Décalages, est sans doute le meilleur et le plus touchant ) ne fait pas un grand comique de cinéma, encore moins un grand réalisteur de films comique (le genre le plus casse-gueule, doit-on le rappeler). Imagine-t-on De Funes, qui n'était jamais aussi drôle que filmé en gros plan, aussi tordant tout seul sur scène ?
De plus, on est surpris et un rien agacé de retrouver dans ce film des bons sentiments à l'américaine (dans les scènes avec le fils, la femme), limite La petite maison dans la praire version riche, sentimentalisme dont Elmaleh, pourtant, se moquait sur scène.
Mais malgré cela, on se doute bien que le film, dont les réservations en avant-première éclatent tout les records, va cartonner en salles comme l'a fait Camping, Les 11 commandements, Brice de Nice, Disco ou... Chouchou.

Filmographie inédite d'Adjani et pour cause

Vendredi 20 mars, sur Arte à 20h45, La journée de la jupe à ne surtout pas rater ! Le 23 mars, Isabelle sera l'invitée du Grand Journal pour ce film. -qui sort le 25 mars au cinéma. Petite rétrospective des films qu'elle n'a pas faits (quittés en plein tournage, refusés au scénario ou au dernier moment ou tout simplement non réalisés). Une liste qui forcément laisse ses fans sur leur faim.
(Merci à Emma pour sa contribution !)
Le bal des actrices de Maïwenn Le Besco. Elle a refusé son propre rôle, écrit, à sa demande, par Maïwenn. Elle trouve son personnage diffamant et propageant les pires rumeurs à son encontre.
New York I love you d'Antony Minghella. Le réalisateur est décédé entre temps, ce qui explique peut être pourquoi le film ne s'est pas fait.

Alexandre d'Oliver Stone. Rôle de la mère d'Alexandre, finalement tenu par Angelina Jolie.
Un crime au paradis de Jean Becker. Elle aurait du tourner le rôle du juge -dumoins on espère. Cela aurait été ses retrouvailles avec Jean Becker. Le film n'est pas terrible. Le rôle sera tenu par son ex, André Dussolier.
Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre d'Alain Chabat. Rôle repris par Monica Belluci. C'était l'époque où Adjani arborait une coupe au carré qui faisait indéniablement penser à l'impératrice. Elle a refusé le film au dernier moment. Son fils cadet, Gabriel-Kane, regrette beaucoup qu'elle l'ait refusé.
The double de Roman Polanski. Un film sur le thème du double qui ne s'est jamais fait. Adjani avait donné son accord et devait jouer en face de John Travolta et Jean Reno, mais quitta le projet lors du désistement de Travolta. Dommage.

Belphégor, le fantôme du Louvres
de Jean-Paul Salomé. Sophie Marceau la remplace une nouvelle fois.

Lunes de fiel de Roman Polanski. Lors de la parution du roman, Alain Delon et Adjani étaient intéressés par cette histoire de couple malsain au point d'en vouloir en acquérir les droits. Tout deux avaient très envie de jouer ensemble. Mais ils ont finit par se disputer. Isabelle Adjani était aussi intéressée par le roman de Pascal Bruckner, Les Voleurs de Beauté, paru en 1996, qui n'a jamais été adapté au cinéma.

Proposition indécente d'Adrian Lyne. Demi Moore tiendra le rôle. C'est la 2eme fois qu'elle refuse de tourner avec le réalisateur de 9 semaines et demie.

Basic Instinct de Paul Verhoeven. Le rôle qui a fait de Sharon Stone une star. Quand on voit Adjani en femme fatale dans Mortelle randonnée, on imagine combien elle aurait bien tenu le rôle de Katherine Tramel.

Cyrano de Bergerac de Jean-Paul Rappeneau.

La putain du Roi d'Alex Corti.Valéria Golino prendra sa place. Un film assez joli.

Trois places pour le 26 de Jacques Demy.
On aurait aimé voir Adjani dans l'univers faussement acidulé de Demy. Elle aurait de nouveau incarné la fille d'Yves Montand (après Tout feu tout flamme) mais cette fois de façon plus ambiguë. Mathilda May, alors en pleine ascension, reprend le rôle.

Maladie d'amour
de Jacques Deray.
Elle est remplacée par Nastassja Kinski qui, il faut l'avouer, est sublime dans ce film -en la voyant dedans, Françoise Hardy a dit qu'elle pourrait renoncer à l'hétérosexualité.
Si Adjani l'avait fait, elle aurait joué face à Jean-Hugues Anglade -qui joua son frère dans La Reine Margot. Un bon film.

37°2 le matin
de Jean-Jacques Beneix. Adjani s'est un temps intéressée à ce personnage qui sombre dans la folie. De même que Delon qui envisageait d'incarner le rôle de Zorg (!). Adjani et Delon ont envisagé plusieurs projets dans les années 80 mais se sont finalement brouillés.
Betty est incarnée par une jeune inconnue repérée par Dominique Besnehard : Beatrice Dalle. Magnifique. Atypique. Ne serait-ce que pour cette raison, et aussi parce que c'est un film culte qui semble indissociable de ses interprètes, on ne regrette pas ce choix.


The blackout
de Serge Gainsbourg. Un homme, sa femme, sa maîtresse. Un huit clos qui se serait passé lors d'une grande coupure d'électricité et où les personnages ne seraient éclairés que par les lumières des phares d'une voiture. Voici le synopsis :

A Los Angeles, dans sa villa, durant une panne d'électricité générale, le scénariste Leslie Anderson, sa femme Angela, fille d'un producteur connu, et sa maîtresse Alice, vivent à la lumière des phares d'une Cadillac un drame noir et passionnel ressemblant étrangement au dernier scénario du maître de maison. Un film "Hitchcockien, presque d'horreur"
Adjani aurait joué le rôle de la maîtresse tandis que Jane Birkin celui de l'épouse. Gainsbourg voulait un acteur américain pour le rôle principal puisque l'action se passait à Los Angeles. C'était le rôle d'un lâche qui, notamment, laissait sa femme se faire violer sous ses yeux alors qu'il avait une arme à feu et donc pouvait la défendre. Dirk Bogarde était initialement prévu pour le rôle qui le refuse car il sort de Providence, de Resnais, et ne veut pas aussitôt refaire un film trop noir. Robert Mitchum a plus ou moins décliné le rôle pour cette raison : ne pas jouer le rôle d'un lâche. Le rôle est finalement proposé à Alain Delon qui se fait projeter Je t'aime moi non plus avait d'envoyer un refus concis et cinglant. De Niro, lui aussi a été envisagé pour le film qui terminera en BD à défaut d'être sur l'écran. Pour lire Gainsbourg parler des péripéties du projet et voir les extraits de la BD c'est ici. D'ailleurs la bande dessinée reprend clairement les traits du visage des deux actrices envisagées et Gainsbourg dans le rôle masculin. Donc Isabelle sera, sous forme d'héroïne dessinée, l'interprète du scénario de Gainsbourg.

Paroles et musique
d’Elie Chouraki. Catherine Deneuve reprend le rôle. On voit les débuts de Charlotte Gainsbourg, dont Adjani aurait du incarner la mère.

Pirates de Roman Polanski. Le film a été écrit entre 1975 et 1976 avec Gérard Brach et se voulait une satire des films de pirates (un peu comme Le Bal des vampires est une parodie des films de vampires). Isabelle Adjani aurait du incarner le rôle féminin principal aux côtés de Jack Nicolson. Le film a eu des difficultés à se monter auprès des majors américaines qui déclineront finalement. Ce qui fait qu'il ne sortira finalement qu'en 1986, produit par Tarik Ben Amar. La toute jeune Emmanuellle Béart avait d'ailleurs passé un casting pour incarner le rôle initialement prévu pour Adjani.

Liaison Fatale d'Adrian Lyne. Le rôle de la "méchante" sera incarné par Glenn Close. Etrangement -car ce n'est pas un rôle des plus flatteurs et il est assez caricatural- Adjani déclarera regretter de ne pas l'avoir fait.

Police de Maurice Pialat. 1985. Isabelle Adjani était très intéressée par le rôle de Noria. En raison de ses vraies-fausses origines maghrébines. Pialat refuse qu'elle l'interprète, un peu pour se venger des refus d'Isabelle, notamment pour Loulou. Il faut noter que Sophie Marceau a "pris la place" d'Adjani dans au moins trois rôles. Elle devait d'ailleurs la remplacer pour Bon voyage, avant de tomber enceinte, et qu'Adjani reprenne finalement le rôle.

1984 : Jacques Veber lui écrit un rôle face à Pierre Richard. Le projet n'a pas vu jour malgré le scénario sur-mesure. Veber est un maître de la comédie et nul doute que le projet aurait été l'une des meilleures comédies d'Adjani avec Tout feu tout flamme.

Rendez vous
d'André Téchiné. Rôle incarné par la toute jeune Juliette Binoche.

Loulou de Maurice Pialat. 1980. Isabelle Huppert, qui a débuté avec Isabelle Adjani dans Fautine ou le bel été, reprend le rôle. Elle s'est souvent intéressée aux mêmes personnage qu'Adjani. La rencontre entre Pialat et Adjani aurait été magnifique, on n'en doute pas et on est curieux d'imaginer ce qu'aurait donné la star dans un film naturaliste et en roue libre.

L'Amour Braque d'André Zulawski. Film culte et disons le, chef-d’œuvre controversé. Rôle finalement tenu par Sophie Marceau.

Prénom Carmen de Jean-Luc Godard : film quitté en plein tournage. Elle sera remplacée par Maruska Detmers.
Adjani dira à Première : "L'équipe, c'était juste quelques personnes, plus une petite caméra 35mm, qu'il avait fait fabriquer, posée sur un pied, et pas de lumière ni en extérieur, ni en interieur... Je me suis dit : ça c'est formidable... Godard, son truc, c'est de faire des films de niveau A avec du système D ! Mais je ne m'y suis pas habituée : pendant ces quelques jours avec lui, je me suis sentie sans protection, vulnérable... Il a un enthousiasme très pudique et je crois que pour saisir ce qu'il y a de tendre et de chaleureux, il faut avoir la pêche. Et moi je n'étais pas assez en forme pour affronter ses méthodes de tournage magnifiquement perverses. Ce n'était pas le bon moment, c'est aussi bête que ça. Alors, tout simplement, je suis partie..."

Chic de Jean Paul Rappeneau. Elle aurait joué face à Catherine Deneuve.

La dame aux camélias de Joseph Losey.
Isabelle Adjani était partante elle a même fait les essais coiffure. C'est un rôle qu'elle a bien sûr finalement incarné au théâtre. Le film ne s'est pas fait faute de producteur -il aurait du se faire aux Etats Unis. Dommage, car le grand Losey avait déjà offert un de ses meilleurs rôles à Alain Delon dans Mr Klein et on ne doute pas que La dame aux camélias -un type de rôle dans lequel Adjani excelle- aurait été, au moins, un très bon film.

Cet obscur objet du désir de Luis Bunuel.
Attention, chef d'oeuvre !
Maria Schneider, sublime héroïne du Dernier Tango à Paris, avait quitté le tournage, brouillée avec Bunuel et ne tenant pas à jouer dans un film qu'elle avait qualifié de pornographique.
Adjani a décliné le projet car elle avait peur de danser le falmenco nue. Le rôle, à deux facettes, sera tenu par Carole Bouquet, qui fait ici ses début, ainsi que Angla Molia.

Espace zéro de Pierre-Jean de San Bartholomé. Un projet qui date de 1974. Isabelle Adjani y a eu pour partenaires Eugéne Ionesco, Emmanuelle Riva, Jacques Spiessier et Daniel Gelin. Le film a été tourné mais demeure inédit;

vendredi 13 mars 2009

Gran Torino ***


Passionné de voiture de collection ? Fan des 24 heures du Mans ?



Vous avez fait la guerre du Vietnam ? Vous êtes profondément républicain ?
Vous vous rendez compte qu'autour de vous les gens sont intéressés ?
La jeunesse vous agace ?
Fan de Bricolage/Mécanique ?
Amateur de vocabulaire fleuri sorti de derrière les fagots ?
Fan de Clint Eastwood ?
Cinéphile peut être?
Gran Torino est fait pour vous;

Le nouvel opus du toujours fringuant Clint s'avère une réussite assez époustouflante, un petit exercice de style parfaitement maîtrisé, une étrangeté réjouissante.
La comparaison fera peut être sourire, mais Clint emprunte parfois à Homer Simpson, personnage oh combien pétri de défauts, mais au cœur gros comme une maison en lotissement pour qui sait y voir.
La rédemption est au centre du sujet, tout comme la bêtise environnante, à la façon Dino Risi parfois (Les monstres, les nouveaux monstres). Le film sonne le plus juste dans son approche assez déroutante, le jeu de fausse pistes, de paradoxes; la complexité de la simplicité.
Laissez-vous séduire, au menu vous alternerez entre rire jaune, rire franc, rejet, et au moment où vous vous y attendrez le moins, dans un silence de cathédrale, l'émotion vous gagnera.
Portrait aigre-doux de l'américain vietnamien, portrait acéré d'une société troublée, portrait où l'humain et la religion sont questionnés.



A conseiller définitivement, et notamment pour le florilège impressionnant d'insultes !
Affreux, propre, et pas si méchant.

jeudi 12 mars 2009

"Welcome" de Philippe Lioret




Un jeune Irakien sans papier rencontre un maître nageur, ancien champion qui a renoncé, tout çela dans le décor glaçant de Calais.

Un titre ironique. Philippe Lioret, après Je vais bien ne t'en fais pas, descend un cran de plus dans le sombre. On est bien loin de Mademoiselle, hommage solaire et léger à Sandrine Bonnaire.
Le point commun avec son dernier film ? Un très jeune personnage en but à un monde plus hostile. Le sujet "sans papier à Calais" pouvait rebuter d'aucuns. Il n'en est rien, car bien que le sujet soit traité, de ce point de vue, de façon documentaire (il n'est rien qui soit dans le film qui ne soit vrai, nous a confié P. Lioret en entretien), le romanesque et la beauté cinématographique demeurent. D'ailleurs la lumière est si belle qu'Audrey Dana ressemble à Mélanie Laurent.
Histoires d'amours (deux). Un jeune homme prêt à traverser la manche à la nage pour rejoindre sa bien-aimée. un autre qui n'a pas eu le courage de traverser la rue pour rattraper sa femme qui le quittait. Firat Ayverdi est une véritable révélation. Les spécialiste disent que Vincent Lindon n'a jamais été aussi bien et Lioret d'ajouter qu'il n'a jamais été aussi lui-même. Sans rien en révéler, la fin est une gifle -à la Bertrand Cantat. Lioret se défend d'avoir fait un film politique et noir. Ne le lui dites-pas, cela l'énerve. Ne lui déplaise, Première est d'accord avec nous et Eric Besson, ministre de l'immigration, est en colère après ce film. Allez le voir.
NB: Pour entendre Philippe Lioret, réécoutez l'émission de samedi dernier:

L'émission du 07/03/09 Entretien avec P. Lioret: Welcome


tilidom.com

dimanche 1 mars 2009

Quand Mickey devient Hulk ...


Mickey Rourke, 9 semaines et demi ... Le bellâtre, charismatique, sensuel; marginal à l'écran comme à la vie. Les années 80 furent fastes et cinématographiques, les 90 bien plus obscures, la boxe, l'alcool, les mœurs. La décennie 2000 l'a fait apparaitre par instants, dans Sin City ou Domino par exemple. Les deux films ont des plastiques très particulières, nous faisant douter du portrait méconnaissable;


Daren Aronofski avait fait son entrée dans le 7ème art avec un très énigmatique Pi, avant d'être révélé via l'excellent Requiem for a dream (Adaptation de Selby), où son sens plastique, son point de vue de cinéaste avaient fait merveille, dans un tourbillon clinquant, naroleptisant et intriguant. Plus récemment, en 2006, The Fountain avait reçu une critique intéressante.
Nous retrouvons donc Daren Aronofski dans une nouvelle réalisation, défi, qu'il pensait proposer à N. Cage dans un premier temps, mais pour lequel l'homme-personnage Mickey Rourke semble taillé, tant sa vie et son œuvre présentent des similarités avec le personnage de "Randy The Ram", le bélier, catcheur à succès tombé dans un quotidien désaffecté, âpre, esseulé.
"The Wrestler" [le lutteur] démarre, après un bref flashback sur les succès antérieurs, par la vue du dos de Mickey Rourke, mélange de Hulk Hogan et de Flash Gordon [quant à son allure]. Cette séquence impressionne. Décrouvrira-t-on le visage de celui que l'on sait devenu monstre après avoir été l'un des plus expressifs charmeurs ?
Le film emprunte pour partie sa trame à Rocky, et ce n'est pas lui faire déshonneur que de dire cela, nous entendons par là que le film nous introduit un personnage revanchard, à la gloire oubliée, lessivée courageux. Le parti-pris est cependant bien différent, le courage et le vice plutot que le courage et la vertu, le repenti avorté, l'échec social en lieu et place d'"Adrienne j'ai gagné". Mickey et non Sylvestre. Randy et non Rocky.
Un moment à passer ambigu, trouble, âpre et maitrisé, pas franchement en famille - pas glamour pour un penny, quoi que la trame scénaristique tend à nous induire en erreur, ou à nous égarer, le temps d'une sentimentalité retrouvée.

Arnofosky prouve son talent, nous sommes très loin de Requiem for a dream, de ses illusions, de son monde inventé, des artifices, là nous sommes cruellement au milieu d'une réalité, et le pont entre les deux films n'est pas la lumière, le rythme, le son mais bien le thème, l'addiction, la vision - pessimiste mais ambigu, parfois compréhensive - tout n'est pas blanc ou noir - mais aussi la qualité du cinéaste.
Un film à voir, de qualité, mais qui ne pourra pas séduire le plus large public. (réservé à un public averti dirons-nous).
Nous gardons nécessairement à l'esprit cette scène finale où l'interprétation est guidée, mais sans vérité absolue, et la scène introductrice; l'entrée de l'artiste que l'on suit de dos.





vendredi 27 février 2009

Bellamy, bon Chabrol !

Depardieu-Cornillac : aime ton frère

Vous ne savez pas voir, nous dit Chabrol. Ce qu'on voit d'abord c'est le volume d'un Depardieu qui n'a jamais été aussi imposant physiquement mais aussi son talent tout en nuances et sensibilité. Certes, on l'avait vu très impressionnant dans Mesrine notamment, mais cela faisait longtemps qu'il n'avait pas tenu un film entier de ses épaules. On retrouve ici ce charisme qui est le sien depuis quelques années, propre aux personnages qui ont de la bouteille -sans mauvais jeu de mots.
En effet, que ce soit dans 36 quai des Orfèvres, Mesrine, Diamant 13, il possède désormais une aura analogue à celle de Gabin dans des rôles de flic ou de voyou.
Il sera flic, commissaire célèbre plus précisément, dans ce beau portrait qu'est Bellamy. Depardieu qui a tourné avec les maîtres Ferreri, Pialat, Godard ou Truffaut, n'avait étrangement jamais travaillé avec le dernier survivant de la Nouvelle Vague.

Chacha et Gérard s'éclatent sur le tournage

Le voici donc en commissaire Bellamy, un type en vacances et fou amoureux de sa femme, un homme apparemment heureux qui verra un auto-désigné coupable (Jacques Gamblin) se présenter à lui et aussi son jeune demi frère (Clovis Cornillac) débarquer dans sa maison de vacances Nîmoise.
Un pur Chabrol en ceci : bourgeoisie de province, bonne bouffe, musique de Chabrol fils. Et une nouvelle jolie jeune première. Après Virginie Ledoyen, Anna Mouglais, Mélanie Doutey, Laura Smet, c'est Vahina Giocante qui s'y colle. Une actrice qu'on aimerait cependant voir dans d'autres rôles que celui de la jeune femme sexy et plate -sans oxymore.

L'intrigue policière s'avère rapidement dérisoire, avec un Jacques Gamblin qui en fait des tonnes dans un -un seul ?- personnage analogue à celui que tenait Magimel dans La fille coupée en deux. Chacha -car c'est son sobriquet- s'est mis aux personnages grimés de type La môme ou Mesrine. Les maquillages sont bien faits mais gênent, surtout dans un univers aussi réaliste.
L'intrigue sentimentale, celle des rapports entre Bellamy et sa femme, mais surtout son frère, prend à la gorge. Le face à face des deux frères n'est pas sans rappeler les rapports que l'on prêtait aux Depardieu père-fils. Avec de très beau plans, aussi beaux que celui de la goutte de sang dans Le Boucher. Des images qui restent en tête. Et une fin inattendue, un twist qui nous dévoile un abîme psychologique et dramatique qui nous serre la gorge au point d'en pleurer. Oui.





Les Noces Rebelles de Sam Mendes


Le retour du couple mythique qui avait fait se déplacer des foules -de midinettes, mais pas seulement- pour Titanic.
On les retrouve donc dans cette histoire de couple coincé dans une ambiance Deperates houswifes version 50's. Un sujet cher au réalisateur Sam Mendes qui avait déjà traité un sujet accointant -le blues du lotissement avec le très bon American Beauty.
Ce film est d'ailleurs à recommander à toutes les midinettes -ou midinous- rêvant de mariage, de jolies maisons et de bébés... parce qu'elle -ou ils- prendront un violent coup dans leur rêve.
Franck Weeler (Leonardo Dicaprio) un rebelle sans cause, qui, après sa rencontre avec April, (Kate Winslet) comédienne, devient un simple employée de bureau tandis que sa belle devient une simple femme au foyer. Le tableau s'esquisse rapidement, pas rose, plongeant le spectateur dans une sorte d'étouffement et d'ennui voulu (un peu à la manière de la première partie de Lady Chatterley).
Ce couple pourtant, se voulait et se croyait différent. Ils projettent le projet -reprouvé par leur entourage- de partir vivre une autre vie à Paris, une vie différente, une vie d'ambition.
Kate Winstlet, belle, se livre à une vraie performance sous la direction de son mari (Mendes). Di Caprio, physique de vieil adolescent, fulmine dans un personnage peu sympathique. La sublime lumière dorée de la première partie laisse place à une image crue qui nous laisse chus, un goût amer à la bouche.

mardi 24 février 2009

On a hâte de voir... La Journée de la jupe

On ne va pas parler de "retour", comme il est d'usage de le faire abusivement depuis un certain temps à chaque fois que Mickey Rourke, et encore plus Isabelle Adjani, fait un film.
Le film sera diffusé sur Arte le 20 Mars prochain, à l'instar de l'excellent La Belle Personne de Christophe Honoré, avant de sortir au cinéma le 25 du même mois.
A préciser qu'il est de Jean Paul Lilienfeld, connu pour un film d'un tout autre genre : Quatre garçons plein d'avenir.


mercredi 18 février 2009

Ricky de François Ozon


Katie (Alexandra Lamy), une ouvrière maman célibataire d'une petite fille rencontre Paco (Sergi Lopez). Elle aura bientôt un bébé, dont le prénom a été choisi par la petite fille : Ricky. Mais Ricky n'est pas un enfant comme les autres...
Le film commence comme une chronique sociale réaliste de type anglaise pour basculer vers le fantastique. Au tout début de la découverte de la "différence" de Ricky, il y a une ambiance très Cronenberg qui s'émousse assez rapidement.
Nous ne dévoilerons pas ce qu'est ou plutôt ce qu'a Ricky et conseillons aux spectateurs qui veulent voir le film de ne pas du tout se documenter -et donc de ne pas voir la bande annonce- pour ne pas gâcher complètement leur perception du film.
L'image est impeccable, les plans aussi, et on reconnait, en quelques minutes, la patte d'Ozon et son caractère indubitable de grand cinéaste. Ricky n'est cependant pas son meilleur film, loin de là. Ce qui aurait pu donner un Rosemary's baby, ou du moins un film bousculant, bascule dans la mièvrerie et l'invraisamblance. Pourtant tout les acteurs sont formidablement bien dirigés (Arthur Peyret, le bébé, compris). Les effets visuels sont impressionants. Et Alexandra Lamy trouve enfin un grand rôle digne d'elle au cinéma dans cette femme un peu frustre et blessée par la vie. D'ailleurs le film vaudrait de n'être vue que pour elle. Ozon est amoureux de ses actrices, sait croire en elles et les montrer sous un jour totalement inédit et révélateur. Mais le film en lui même manque sa cible : trop ouvert, sans aucune piste d'explications, plein d'invraisemblances psychologiques, parfois au bord du ridicule. On ne sait quel sens lui donner, au point d'y accoler toutes les métaphores et les sens les plus poussifs, de ceux auquels le cinéaste n'aurait même pas pensés. Du coup on sort frustré et un peu perplexe de la scéance. Dommage.

dimanche 8 février 2009

Travelling Jérusalem: les prix

Pas de prix public cette année, ça jazze dans les ménages ...
M'enfin,
les différents jurys se sont concertés et ont décerné les différents prix;
dans la catégorie Junior, 2 court métrages ont été primés,
"Tôt ou Tard" de Jawiga Kowalska, un conte sympathique à défaut d'être visuellement transcendant,
et "Varmints" de Marc Craste, au visuel très intéressant, mais d'un ennui profond.
Les courts métrages francophones suivants ont été primés:
"Andante Mezzo forte" de Annarita Zambrano, "Forbach" (nous avons effectivement émis un avis plutôt positif sur ces films), "Dix" de Bif (là nous n'étions pas convaincu);
Le prix le plus prestigieux est revenu, à très juste titre, à "Les paradis perdus" de Hélier Cisterne, un film surprenant et non sans intérêt.

Travelling Jérusalem : plus que trois jours !


Encore trois jours (dimanche compris) pour profiter du festival Travelling Jérusalem à Rennes.

A voir ou revoir dans le registre déjà connu : l'incontournable "La Vie de Brian" des Monthy Pythons (peut être le film le plus drôle de toute l'histoire du cinéma"), "La dernière tentation du Christ" de Scorsese, les chefs d'oeuvre "Intervention divine" (Elia Suleiman) et "Valse avec Bachir" (Ari Folman), mais aussi "Les citronniers" de Eran Riklis, "La visite de la fanfare" d'Eran Kolirin...

A découvrir abslument (coups de coeur de la rédaction et des festivaliers) : "Le mariage de Rana", "Noces en Galilée"...

Mention spéciale à "Slingshot hip hop", un documentaire punchy mais aussi poignant sur des jeunes rappeurs palestiniens -une façon nouvelle de découvrir le peuple palestinien et tout particulièrement sa jeunesse.

Autre documentaire sur la jeunesse palestinienne, mais en camp de réfugiés au Liban : "Chacun sa Palestine" de Nadine Naous -que nous avons eu le plaisir de rencontrer.

Sans oublier les avant-premières : "Z 32", "Children of the sun", "Puzzled Jérusalem", "Fragments Jérusalem".

Et n'oubliez pas de découvrir le jeune cinéma palestinien dans les séances qui lui sont spécialement dévolues...

samedi 7 février 2009

Travelling nous avons vu aussi ...


"Quelqu'un avec qui courir" était projeté en ouverture. Le choix était très bon. Ce film étonne, amuse, émeut, à la façon de Juno, on s'attache à des sujets difficiles et l'adolescente nous étonne de son charme et de sa générosité, tandis que le grand dadet à sa recherche, fait preuve d'une volonté à toute épreuve, bravant les dangers et le ridicule avec une foi indéniable. Les personnages sont habités, ont la foi en leurs actes; la trame scénaristique, même si elle laisse place à quelques invraisemblances, est assez déroutante, riche. Le ton est juste, les musiques touchantes. Un très agréable moment de cinéma, divertissant.

Slingshot Hip Hop présente aussi un intérêt musical notoire, cette fois nous suivons les rappeurs Palestiniens, en Cisjordanie, DAM (qui était passés aux transmusicales en 2006) ou à Gaza. Pamphlet politique, véritable rôle de l'art, le rap et le cinéma au service d'une cause, plus intelligent que les bombes non ?
Le documentaire est tout simplement bien fait et intéressant, la réalisatrice qui vit aux Etats-Unis nous a conté toutes les difficultés à monter ce film, financières, mais aussi à cause des autorités Israeliennes.


Travelling Jérusalem: nous avons vu

Comme vous, nous profitons de Travelling autant que possible. Il est difficile de consacrer un encarts à chaque film, mais tâchons ici de restituer nos quelques impressions.
Parmi les indispensables, citons "Valse avec Bachir", Kadosh, "L'Evangile selon Saint Mathieu", "La dernière tentation du Christ", "Intervention Divine".
Notre impression est bonne dans l'ensemble, mais le sujet étant si ambitieux, le cinéma ne devient pas le seul thème, les thèmes politiques et religieux ont tendance à prendre le dessus, et les documentaires à prendre le pas sur les films. Nous regrettons, d'un point de vu uniquement cinématographique, que notre réflexion soit à ce point dirigé, mais les choses pourraient-elles être différentes ? N'est-ce pas la preuve du rôle des cinéastes dans la société ?
Commençons par Amos Gitai, dont le dernier film télévisé nous a déçu après l'excellent Désengagement. Nous avons vu "Kadosh", "Berlin Jérusalem", et "News from House". "Kadosh" est le plus séduisant, sans contexte un excellent film, qui montre l'intégrisme religieux et le quotidien de deux soeurs. Un thème que l'on retrouve dans "La Petite Jérusalem".
"News from House", est un documentaire intéressant qui vaut le coup d'oeil. Mais sur ce même sujet des colonies Juives, d'autres films programmés ont plus de retentissement. Il donne suite à la Maison, que nous supposons un documentaire fort intéressant.
Continuons avec Elia Suleyman, dont nous avons déjà conté la magie d'"Intervention Divine" ... "Chronique d'une disparition" est burlesque, annonciateur, un film de mime. Intéressant, mais pas autant qu'"Intervention Divine".
"Ici et ailleurs" est une expérimentation Godardienne, qui résonne en nos têtes; exercice didactique, un peu tiré par les cheveux, il n'en reste que les réflexions du monsieur, si elles nous égarent en bien des points, touchent parfois à la grâce. Comprendre le conflit, c'est comprendre que l'on parle trop fort, que l'on parle trop, et que l'on ne s'entend donc pas*. Le rapport à l'image et aux médias est interrogé de l'intérieur.

* "Chronique d'une disparition" s'amuse aussi à ridiculiser les frenchos intellos qui ont tout compris et s'en expliquent avec une distanciation arrogante, ridicule, inadaptée ...

"Route 181" est poignant, incroyablement vrai, le cinéma n'aurait pas pu prévoir les vrais dialogues, quand la réalité dépasse la fiction. Un film documentaire de 4 h 30 assez indispensable.
"Noces en Galilée" nous a été coupé, mais la première bobine est rafraîchissante, l'humour intéressant, le ton optimiste. un très bon film palestinien.

"La Vie de Brian" ne nous était pas inconnu, mais le comique des situations et la touch British des Monthy Pythons est un comme un plat préféré, on consomme sans réserve !

"Les méduses", malgré les prix qu'il a reçus, nous a plutôt déçu, somme toute assez commun.

"Trois jours et un enfant" sonne nouvelle vague, et nous réjouis. On le classerait sans aucun problème comme un bon cru de la nouvelle vague, on suit les errements d'un personnage masculin étrange; entre rêve, quotidien et nostalgie, avec beaucoup d'espiègleries. Frais et sympathique. Un film assez intemporel.

Côté Compétitions, nous avons vu la sélection numéro un, qui présente des courts métrages assez inégaux. "Forbach", et "Andante Mezzo Forte" se détachent, par une sensibilité intéressante. Un petit quelque chose. "Anima" déçoit, et "Ma Sixtine" ne convainc guère.

A suivre ...

vendredi 6 février 2009

Travelling Jérusalem: Mode d'emploi

Nous y sommes. Travelling 20 ème bat son plein. Vous pouvez en profiter dans les différentes salles participantes jusqu'au 10 Février:
L'auditorium du Tambour, Le Ciné TNB qui redevient le lieu névralgique du festival, le cinéma Gaumont, L'Arvor, pour les lieux principaux Rennais. Pour Travelling Junior, direction Lillico. Pour boire un thé à la menthe ou grignoter un mezze en regardant une expo photo, direction rue le Bastard, au centre de l'Urbanisme. Autres lieux: la péniche spectacle, mais aussi les cinémas environnants que sont le Sévigné à Cesson, le Foyer à Acigné, le Triskell à Betton, l'Espérance à Chartres, ou le Grand Logis à Bruz. Et pous les night-clubbers, les noctambules, l'UBU se met au Diapason. Ah oui, Rennes 1 suit Rennes 2, le Diapason est aussi un lieu de diffusion du festival !
Alors Travelling comment ça marche, ou Travelling pour les nuls ... en quelques mots, un évènement cinématographique de première importance, à ne louper sous aucun prétexte !
Le thème est choisi d'année en année, destination une ville. Alger, Buenos Aires, Tokyo, Londres, Marseille, Lisbonne, Le Caire, Helsinky, Lisbonne, par exemple ont précédé Jérusalem.
En parallèle, un festival, qui décerne des prix à des courts-métrages (un peu plus loin en arrière, le festival donnait lieu à une compétition de long métrage, Requiem for a dream par exemple y fut sélectionné), en parallèle encore une programmation pour Tous, Travelling Junior, qui réserve aussi quelques pépites.
Une programmation riche, qui doit avoir un rapport avec la Ville et non le pays, et qui permet de tout aussi bien revoir des grands classiques, découvrir ou redécouvrir les grands noms du cinéma du pays, découvrir des horizons nouveaux, se risquer à des expériences de cinéma nouvelles, ou encore rencontrer des gens.
Le tout est orchestré par l'association Clair Obscur, et je ne peux que vous inciter à consulter le site officiel du festival.
Un outil assez indispensable, la grille de programmation, disponible au TNB notamment (ou supplément Ouest France), un souvenir qui vaut le coup, le guide officiel, petit fasicule d'environ 200 pages qui vous dira tout sur le festival.
La programmation se décline en 55 films, tournés entre 1897 et 2008, propose 2 cartes Blanches à Hussam Hindi, ancien directeur du festival (et Palestinien d'origine), et à Yael Fogiel, productrice. Six réalisateurs Palestiniens sont invités, six réalisateurs Palestiniens, plus un anglo-israelien. Nous regretterons juste l'absence de Gitai et Suleyman.

dimanche 1 février 2009

Lui a t on pardonné ? Lui pardonnera-ton ?


Visiblement oui, car les producteurs lui ont donné une deuxième chance. La famille peut être un peu moins, les névroses exposées étaient quelque peu impudiques, et la vision pas forcément partagée. Oui mais c'est du cinéma vous répondra-t-elle !

Changeons de famille, alors, quittons la petite famille pour la grande, celle du cinéma, et des actrices, et dansons ensemble, le temps de quelques chansons bollywoodiées, sur des airs de Nina Morato que l'on avait pu laissée à "Maman, Maman" dans les 90, à Biolay que l'on avait apprécié en barman plus qu'en fils spirituel de Gainsbourg (Stella), à Mister Starr, Didier Morville lui même, que l'on apprécie ici en papa poule responsable, au phrasé surprenant, sympathique, dans un contre-emploi affiché vis à vis du gansta dealer, image plus souvent véhiculée dans les milieux ronronnants.

Nous sommes conviés cette fois-ci, non plus à une grande messe, à un grand débalage public, à un festen glacé et accusateur, pour lequel Maiwenn (Le Besco) s'excusait dans le titre même, [Pardonnez-moi son premier film] mais à un grand bal des névroses des actrices.

Transposition de celles de Maiwenn sur la profession toute entière, psycho-thérapie en progression dirons les plus mauvaises langues médicales, acidité cruelle, dirons les spectateurs moins distanciés de cette galerie de portraits féminins, aiguisés, railleurs, tendres parfois cependant. Le parti-pris est d'en rire, jaune plutôt. Le vrai doit se camoufler dans le faux, le faux doit adoucir le vrai, et réciproquement.

Alors, le bal commence avec Karine Viard, qui nous apparaît remplaçante, en star aux ambitions internationales, convie Muriel Robin à s'engueuler comme du poisson pourri avec Jacques Weber, Marina Fois à se prendre une veste dont elle ne décolère pas, Charlotte Rampling à se demander ce qu'elle fait dans le film, histoire vraie, si ce n'est à confronter la vision noble, apaisée à la rage des textes et de la musique de Joey Starr, Romane Bohringer à vanter les vertus de produits commerciaux, correctement rémunéré cependant pour une prestation ordinairement dévolue à une "has-been". Le bal vous invitera aussi furtivement en Inde auprès de Mélanie Doutey, vous rappelera au souvenir de Christine Boisson, en prof de théâtre "classique" en proie aux critiques d'une Karol Rocher (Stella) enragée, qui casse la distance, brise la glace des vanités de la profession, évertuée à rendre intelligible, à théoriser à outrance, à se prendre la tête, à en friser le ridicule pour qui ne souhaite cautionner cette fuite gargarisante qui se joue des critiques esthètes. Le bal vous rappelera le César de Linh Dan Pham, vous surprendra de la passion pour le jardinage de Julie Depardieu, comprendra Jeanne Balibar ou encore vous évoquera la filmographie monumentale d'Estelle Lefébure.

Le bal convie des actrices débutantes, en pleine gloire, has-been, en devenir, bien rangées, oubliées. L'entreprise rappelle bien évidemment celle de Bertrand Blier, et ses acteurs.

Mise en abîme permanente, la caméra filme Maiwen en train de filmer des actrices filmées par la caméra de Bertrand Blier. Cette scène et les autres, montées, constituent "le bal des actrices".

A en faire pleurer plus d'une actrice.

Si la place qui leur est réservée est assez congrue, les acteurs sont intéressants, à commencer par Joey Star, dont les capacités comiques transpirent, à en tenir le film. Yvan Attal, Jacques Weber, Pascal Gregorry complètent le casting achalandé.

Le film ne s'avère pas aussi dérangeant que "pardonnez-moi", fait sourire dans l'ensemble, ne semble pas indispensable, n'interroge ni ne séduit plus que cela à première vue, mais cependant, si l'on vient à y réfléchir avec recul, un effet étrange peut se produire qui vous pousse à finalement conseiller ce film sans réserve, même à celles (et peut être plus encore) que l'affiche aura choqué, public visé, au sens propre, très certainement.