dimanche 17 mai 2009

Hors compétion


Hors compétition, et déjà précédé d'une réputation exécrable, un film que nous rêvons pourtant de voir : Ne te retourne pas de Marina De Van -l'excellente actrice et scénariste de Sitcom d'Ozon et réalisatrice de l'extrême Dans ma peau. Une bonne réalisatrice et scénariste, deux actrices sublimes enfin réunies -rare de voir deux comédiennes de cet acabit se partager l'écran- : Sophie Marceau et Monica Belluci ! L'histoire est à la hauteur.
Jeanne, plongée dans l'écriture d'un premier roman, constate des changements mystérieux autour d'elle et voit son corps se transformer... Son entourage ne semble pas s'en apercevoir.Troublée, elle découvre chez sa mère une photographie qui la met sur la trace d'une femme, en Italie. Jeanne, désormais transformée, y trouvera la clef d'un étrange passé...

Il semblerait que ce soit principalement les effets spéciaux mêlant les traits de Monica et de Sophie qui provoqueraient les sarcasmes des spectateurs. Du reste, et contre toute attente le mélange de ces deux beautés poutant fort similaire donnerait un résultat hideux.

Plus sérieusement, Marina de Van continue, par ce film d'explorer le corps et le caractère étrange/étranger qu'il peut revêtir. C'est un trait qui fait partie de sa vie, puisqu'elle eut un accident de voiture à l'âge de huit ans, accident qui provoqua un corps avant et après qu'elle ne considérait plus comme le même et qu'elle n'avait plus le sentiment de maîtriser/habiter.

On a donc le désir absolu de voir ce film, en dépit des lazzis. Après tout, La frontière de l'aube de Garrel, beau film, avait aussi provoqué les hilarités de certains...
Plus accessoirement, mais quand même, le casting promet une magnifique montée des marches.

Les films à suivre ... par Emilie



Cette année, place aux plasticiens... image travaillée et parlante, auteurs reconnus et controversés.

Nous avons très envie de découvrir Soudain, le vide du provocateur Gaspard Noé.

L'histoire : À Tokyo, Oscar et sa soeur Linda vivent d'expédients : elle est stripteaseuse dans une boîte de nuit et, lui, deale. Mais à la suite d'une descente de police, Oscar prend une balle. Fidèle à sa promesse de ne pas abandonner sa soeur, son esprit se détache de son corps, se met à errer et connaît des visions hallucinatoires qui virent au cauchemar.




Le véritable retour de l'ex palmé Quintin Tarentino avec Inglorious Basterds -ces derniers temps, il ne s'était pas trop foulé. Un casting internationnal et très français avec, notamment, Mélanie Laurent, Brad Pitt, Diane Kruger, Maggie Cheug, Léa Seydoux...

L'histoire de deux vengeances qui se rejoignent : celle d'un groupe de soldats juifs américains contre d'anciens nazis et celle d'une jeune française dont les parents ont été assassinés.





Antichrist de Lars Von Trier avec Charlotte Gainsbourg et William Defoe. L'histoire d'un psy qui emmène sa femme à Eden, dans leur chalet, pour la confronter à son pire souvenir : la mort accidentelle de leur fils. Des événements surnaturels vont survenir, en rapport avec la thèse écrite par la jeune femme, sur le thème des sorcières persécutées au Moyen-Age.
Le film propose une vision très sombre de l'humanité, partant de l'hypothèse selon laquelle la Terre est l'oeuvre du Mal plutôt que celle du Bien.
Dans sa forme il s'annonce comme la somme de toutes les expérimentations esthétiques du réalisateur (on l'annonce comme l'un des plus beaux qu'il ait jamais tourné).





Auteur de deux longs métrages -et désormais trois !- le palestinien Elia Suleiman est considéré comme l'un des plus grand cinéastes du monde. Il nous avait effectivement grandement impressionné avec Intervention Divine. Avec Le temps qu'il reste (à ne pas confondre avec Le temps qui reste, d'Ozon) il nous revient avec une histoire toujours autobiographique, mais encore plus ambitieuse, puisqu'elle recouvre l'Histoire.
De la création de l'Etat d'Israël en 1948 à nos jours, au travers de l'histoire de Fuad, un homme membre de la résistance palestinienne, se dessine la quête d'identité de son fils. La réalité de ce bouleversement politique amène Elia Suleiman, acteur dans son propre film, à se poser une question : est-ce lui qui porte la Palestine là où il va, ou bien la Palestine qui s'étend au reste du monde ?



Le Ruban blanc de Michael Haneke, maître du malaise à l'écran et dans la salle, nous montre un village au nord de l'Allemagne, la veille de la 1ère guerre mondiale où se passent de drôles d'incidents liés à une chorale d'enfants.
Il n'est pas un film d'Haneke qui n'ait été présenté à Cannes. Cette fois-ci, il tourne en noir et blanc. Se pourrait-il qu'il obtienne la palme ?




Il ne faudra pas attendre bien longtemps -une semaine- pour découvrir Etreintes brisées, le nouveau film de Pedro Almodovar, dont la bande-annonce est déjà diffusée en salle. Le cinéaste reprend à bon escient sa nouvelle muse, Penelope Cruz pour cette histoire d'un réalisateur qui perd la vue en perdant la femme de sa vie.






Un prophète de Jacques Audiard. Ici, encore un grand cinéaste de la forme, de la couleur, du plan. Ce film, avec Niels Arestrup et le débutant Tahar Rahim, est entouré de mystère.
Condamné à six ans de prison, Malik El Djebena, ne sait ni lire, ni écrire. À son arrivée en Centrale, seul au monde, il paraît plus jeune, plus fragile que les autres détenus. Il a 19 ans. D'emblée, il tombe sous la coupe d'un groupe de prisonniers corses qui fait régner sa loi dans la prison. Le jeune homme apprend vite. Au fil des " missions ", il s'endurcit et gagne la confiance des Corses. Mais, très vite, Malik utilise toute son intelligence pour développer discrètement son propre réseau...
Nous espérons que le film est à la hauteur de sa très belle affiche.




Plus anecdotique et autant accessible qu'Etreintes Brisées, Looking for Eric, le dernier Ken Loach, s'oriente vers l'humour, avec l'histoire d'un dépressif britannique qui se met à parler avec une projection d'Eric Cantona, son idole. Un film qui parlera certainement aux frediens. A signaler que Ken Loach est un grand habitué de Cannes. Cependant, s'il obtenait la Palme pour ce film nous en serions stupéfaits. Mais cela fait plaisir de voir le souvent trop gris Loach partir vers l'humour.


Le jury de Cannes






Un très beau jury, présidé par la rigoureuse Isabelle Huppert que nous avions rencontré pour Villa Amalia. Nous apprécions tout particulièrement la présence d'Asia Argento, de la sublime Shu Qi (héroïne de Millénium Mambo) et de James Gray.

Cannes 2009 c'est parti !


C'EST PARTI !

vendredi 8 mai 2009

La journée de la jupe ***


Encore quelques heures -quelques jours ?- pour voir La journée de la jupe de Jean-Paul Lilienfeld. Le film, à l'instar de La belle personne de Christophe Honoré, n'est sorti que dans un nombre de salles restreint pour avoir été diffusé, la veille de la sortie, sur Arte.

On n'attendait pas du tout Lilienfeld, qu'on connaissait pour le potache mais culte Quatre garçon plein d'avenir, s'attaquer au sujet de l'intégration par le biais du scolaire, avec pour atout scintillant, la reine Isabelle Adjani. Celle-ci s'est faite on ne peut plus rare aux écrans, au détriment de ses fans mais aussi de tout le cinéma. Sa dernière prestation cinématographique remonte à Bon voyage, de Jean-Paul Rappeneau (2003) si on ne compte son apparition dans Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran (idem, 2003) et le moyen Figaro, téléfilm de Francis Veber.

Ici, cette grande actrice surprend. Point d'amour impossible, point de "Mais c'est toooooooiii mon père !", de hurlements sous les fenêtres d'un homme indigne, point non plus de minauderies d'une beauté à couper le souffle sur lequel le temps n'a aucune prise. Elle est Sonia Bergerac, professeur de français en zone difficile, à qui rien n'est épargné et qui n'épargnera rien à ses élèves qu'elle prend en otage. Cette fois-ci on oublie le mythe pour croire réellement à l'existence de cette femme dans ce film haletant qui prend à contre-pied Entre les murs et sa bienveillance Bobo. Adjani a plaisir à jouer et ne recule elle non plus devant rien, surtout pas la peur du ridicule, et ça marche. On reconnaît Lilienfield dans l'humour noir souvent trash des répliques. Les autres acteurs, chevronnés ou non, sont très bons mais n'en déplaise à ceux-ci ou aux débutants qui jouent les élèves de la classe, Sonia/Adjani capte toute notre attention et tient l'édifice.

Courez voir ce film dont le total impact se savoure surtout sur grand écran. Et, si voue ne pouvez pas, rendez vous sur le site de la chaîne Arte.

Good morning England ...quand la musique est bonne

Good morning england est la nouvelle comédie anglaise de richard Curtis. Nous sommes en 1966 en Angleterre et c'est l'époque de la déferlante de groupes rocks aussi novateurs les uns que les autres. Des radio pirates émettent depuis des bateaux aux larges des cotes anglaises , c'est le cas de radio rock qui s'évertuent à faire bouger l'Angleterre aux sons des Beatles, Rolling stones autres beach boys et j'en passe. Nous naviguons alors plus de deux heures avec une bande de joyeux drilles, des dj's réunis pour partager leur passion pour le rock quoi qu'il en coûte. Car le gouvernement anglais veut faire taire les radios pirates qui débauchent la jeunesse anglaise.

Dans cette aventure autant musicale qu'humaine on retrouve une des pierres angulaires de la radio incarnée par philip Seymour Hoffman. Tous les dj's transmettent une joie de vivre communicative et beaucoup de ce charme nostalgique pour l'age d'or musical des sixties. Rétro à souhait, après avoir vu le film on a envie de réécouter ces vieux vinyls, de pousser les meubles et de monter le son. On peut rappeler que le réalisateur Richard Curtis est un féru de musique et que dans ces précédents films comme love actually par exemple la musique avait déja un caractère fédérateur. A noter également qu'il a signé le scénario de quatre mariages et un enterrement. Le monsieur a donc déja fait ses armes dans la comédie. On retrouve également Emma Thompson dans un petit rôle très réussi. Comme nous sommes dans les années 60, il y est aussi question de liberté sexuelle sans didactisme. C'est plutot sexe , droles et rock and roll meme si la question des drogues est abordée. Bref on ne s'ennuie vraiment pas et on aurait envie de reprendre en choeur, un des titres des beach boys qui clôt le film, wouldn't it be nice to be together...



Good morning England... quand la musique est bonne ...

samedi 2 mai 2009

A bout de course: A découvrir

Avec la réédition d' "A bout de course" de Sidney Lumet, voilà l'occasion de parler d'un grand film américain méconnu. Ce film étant sorti dans seulement quatre salles en France, je me suis empressé d'aller le voir et de vous le faire découvrir. A bout de course raconte l'histoire de Danny un jeune homme de 17 ans fils d'anciens militants contre la guerre du vietnam qui organisèrent un attentat contre une usine de napalm en 1971. Désormais en cavale, la famille Pope change régulièrement d'adresse et d'identité pour tromper le F.B.I. Le réalisateur se penche plus particulièrement sur l'ainé des deux enfants Danny dans sa quete d'identité lui qui doit ne pas révéler qui il est vraiment. Le film dessine un beau portrait de l'adolescence. Sa découverte du piano et la rencontre amoureuse d'une jeune fille réveleront Danny à lui meme. Sidney Lumet filme les bouleversements dans la vie du jeune homme jusqu'alors plutot secrète.

On est dés le début du film et jusqu'à la fin happé par le destin de ce jeune homme. Etant donné le passé militant des parents on aurait pu s'attendre à un ton plus politique, plus social de la part du réalisateur. On peut rappeler que Lumet a également révéle Al Pacino au cinéma dans "un après midi de chien" ou encore "Serpico". Ce film là est plus intimiste et se concentre sur les relations humaines : les rapports amoureux adolescents , les liens qui unissent une famille. Dans la réussite du film la mise en scène simple et fluide y est pour beaucoup, les acteurs sont tous justes.

Ce film marque la confirmation du talent de River Phoenix qui interprète Danny. Comparé à un James Dean des années 80, l'acteur disparaitra d'une overdose à seulement 23 ans . On a pu le voir dans "My own private idaho" de Gus Van Sant au côté de K. Reaves. River Phoenix n'est plus mais le film est bien là, précipitez vous si vous avez l'occasion de le voir car rares sont les films d'une telle justesse aujourd'hui.

Cannes 2009: Le jury


  • Isabelle HUPPERT, Présidente (Actrice - France)
  • Asia ARGENTO (Actrice, Réalisatrice, Scénariste - Italie)
  • Nuri BILGE CEYLAN (Réalisateur, Scénariste, Acteur - Turquie)
  • Lee CHANG-DONG (Réalisateur, Ecrivain, Scénariste - Corée du Sud)
  • James GRAY (Réalisateur, Scénariste - Etats-Unis)
  • Hanif KUREISHI (Ecrivain, Scénariste - Royaume Uni)
  • Shu QI (Actrice - Taiwan)
  • Robin WRIGHT PENN (Actrice - Etats-Unis)

Romaine par moins 30, ** au pays du quebec


Pour qui a déjà voyagé au Quebec, l'accent, l'humour venu du froid, la chaleur humaine, et la libération sexuelle sont très souvent rangés au chapitre impressions. Agnès Obadia, française, inventrice du personnage de Romaine, qu'elle campait avec toute la non-chalance nécessaire à l'interprétation de ce personnage féminin sorti un peu d'ailleurs, d'aucuns diront lunaire, un peu à côté de ses pompes, larges, sujette aux évènements sans maîtrise, Agnès Obadia donc nous restitue ces impressions en laissant place à l'excellente ici Kimberlain, revenue de son expérience musicale, pour partir dans la France des amériques, embarquée par un Pascal Elbé dirigiste, qui veut maîtriser jusqu'au surprise.
La morale et l'effet comique sont tous deux dans ce couple improbable:
Elle se livre aux évènements, s'en sent infantilisée, souhaite s'en libérer, et Madame Chance la rattrape dans ses errements, Madame Chance ou bien soeur impromptue; la providence ne la protège pas forcément; en tout cas, Romaine laisse une grande place au possible.
Il ne supporte pas le moindre imprévu, est persuadé de maîtriser jusqu'à sa perte, sa fuite dans le grand nord, mais aussi sa relation avec Romaine, les surprises et autres cadeaux assurant l'emprise et le contrôle.
Et la morale est qu'à trop vouloir contrôler, la situation dérape, nous échappe, et qu'à se laisser dériver à trop s'échapper, divaguer, les contrôles environnants vous rattrapent et vous séduisent.
Le total contrôle ridiculisé en ses échecs est une source de comique assez inépuisable et il est vrai, rassurante.

L'atmosphère est teintée d'un humour bien québecois, autour de la liberté de soi et de son corps, la distinction nette et claire entre l'affect et la libido.
Romaine paumée, en milieu hostile, choc des contraires; l'humour prend. Si la toute fin du film baisse en qualité, Romaine est néanmoins une comédie sympatoche, plus modeste qu'OSS 117 et toute aussi (je dirai même plus) drôle, ce qui en fait tout son charme, bien loin du très mauvais "du poil sous les roses", où Agnès Obadia s'était perdue en vulgarité, et qui aurait pu nous faire hésiter quand bien même nous avions apprécié à sa juste valeur toute la richesse de l'oeuvre Romaine.
Ajoutons juste l'ambiance Folk de Tom waits à Moriarty en passant par Johnny Cash.
Une bonne note donc !

Bande annonce:


Telerama nous suit.

Cannes 2009: la programmation


LA COMPÉTITION :

Film d’Ouverture :

Pete DOCTER - UP (Là-haut) H.C.- 1h44

***

Pedro ALMODÓVAR - LOS ABRAZOS ROTOS (Etreintes brisées) - 2h09
Andrea ARNOLD - FISH TANK - 2h02
Jacques AUDIARD - UN PROPHÈTE - 2h30
Marco BELLOCCHIO - VINCERE - 2h08
Jane CAMPION - BRIGHT STAR - 2h00
Isabel COIXET - MAP OF THE SOUNDS OF TOKYO -1h44
Xavier GIANNOLI - A L’ORIGINE - 2h30
Michael HANEKE - DAS WEISSE BAND (Le Ruban blanc) - 2h24
Ang LEE - TAKING WOODSTOCK -2h00
Ken LOACH - LOOKING FOR ERIC - 1h56
LOU Ye - CHUN FENG CHEN ZUI DE YE WAN (Nuits d'ivresse printanière) - 1h55
Brillante MENDOZA - KINATAY - 1h40
Gaspar NOE - ENTER THE VOID - (Soudain le vide) - 2h30
PARK Chan-Wook - BAK-JWI - (THIRST, ceci est mon sang...) - 2h13
Alain RESNAIS - LES HERBES FOLLES - 1h44
Elia SULEIMAN - THE TIME THAT REMAINS - 1h49
Quentin TARANTINO - INGLOURIOUS BASTERDS - 2h40
Johnnie TO - VENGEANCE - 1h48
TSAI Ming-liang - VISAGE - 2h18
Lars VON TRIER - ANTICHRIST - 1h44

***

Film de Clôture :

Jan KOUNEN - COCO CHANEL & IGOR STRAVINSKY - H.C. - 2h00


UN CERTAIN REGARD

BONG Joon Ho - MOTHER - 2h10
Alain CAVALIER - IRENE -1h23
Lee DANIELS - PRECIOUS - 1h49
Denis DERCOURT - DEMAIN DES L'AUBE - 1h36
Heitor DHALIA - À DERIVA - 1h43
Bahman GHOBADI - KASI AZ GORBEHAYE IRANI KHABAR NADAREH (On ne sait rien des chats persans) - 1h06
Ciro GUERRA - LOS VIAJES DEL VIENTO (Les Voyages Du Vent) - 1h57
Mia HANSEN-LOVE - LE PÈRE DE MES ENFANTS - 2h00
Hanno HÖFER, Razvan MARCULESCU, Cristian MUNGIU, Constantin POPESCU, Ioana URICARU:AMINTIRI DIN EPOCA DE AUR - 2h18
Nikolay KHOMERIKI - SKAZKA PRO TEMNOTU (Conte de l'obscurité)- 1h12
HIrokazu KORE-EDA - KUKI NINGYO - 2h05
Yorgos LANTHIMOS - KYNODONTAS (Dogtooth) - 1h34
Pavel LOUNGUINE - TZAR (Le Tsar) - 1h56
Raya MARTIN - INDEPENDENCIA - (Independence) - 1h17
Corneliu PORUMBOIU - POLITIST, ADJECTIV (Policier, Adjectif) - 1h55
Pen-Ek RATANARUANG - NANG MAI - 1h49
João Pedro RODRIGUES - MORRER COMO UM HOMEM (Mourir Comme Un Homme) - 2h13
Haim TABAKMAN - EYES WIDE OPEN - 1er film -1h31
Warwick THORNTON - SAMSON AND DELILAH - 1er film - 1h41
Jean VAN DE VELDE - THE SILENT ARMY - 1h32

HORS COMPETITION:

Alejandro AMENABAR - AGORA - 2h21
Terry GILLIAM - THE IMAGINARIUM OF DOCTOR PARNASSUS - (L'imaginarium du Docteur Parnassus) - 2h02
Robert GUÉDIGUIAN - L'ARMÉE DU CRIME - 2h19

SEANCES DE MINUIT :

Stéphane AUBIER, Vincent PATAR - A TOWN CALLED PANIC (Panique au village) -1er film - 1h16
Sam RAIMI - DRAG ME TO HELL (Jusqu'en enfer) - 1h39
Marina de VAN - NE TE RETOURNE PAS - 1h50 SEANCES SPECIALES : Anne AGHION - MY NEIGHBOR, MY KILLER (Mon voisin, mon tueur) - 1h20
Adolfo ALIX, JR., Raya MARTIN - MANILA -1h30
Souleymane CISSE - MIN YE (Dis moi qui tu es...) - 2h15
Michel GONDRY- L'EPINE DANS LE COEUR - 1h26
Zhao LIANG - PETITION (La Cour des plaignants) - 2h04
Eduardo VALENTE - NO MEU LUGAR - 1er film - 1h53
Keren YEDAYA - JAFFA - 2h25

Hommage à Fanny ArdantFanny ARDANT - CENDRES ET SANG - 1er film - 1h45
Lee Chang-Dong présente

Ounie LECOMTE - UNE VIE TOUTE NEUVE -1er film - 1h32

LES COURTS METRAGES EN COMPETITION

Mark ALBISTON, Louis SUTHERLAND - THE SIX DOLLAR FIFTY MAN -15’ Nouvelle-ZélandeDaniel BORGMAN - LARSOG PETER-15’ DanemarkAlex BRENDEMÜHL - RUMBO A PEOR-12’ EspagneJochem DE VRIES - MISSEN-12’ Pays-BasJean-Christophe LIE - L'HOMME A LA GORDINI-10’ FranceGoran ODVORCIC - CIAO MAMA-10’ CroatieLaila PAKALNINA - KLUSUMS-14’ LettonieJoão SALAVIZA - ARENA-15’ PortugalEmma SULLIVAN - AFTER TOMORROW-15’ Royaume-Uni

OSS 117


OSS 117, double 1 7, Boeing 447 pour Rio, le nouvel homme cette fois est l'espion qui venait du froid, DuJardin, façon bebel, mais pas encore aussi magnifique. Mix entre l'homme de Rio et Rio ne répond plus, le pastiche de James Bond français vaut mieux tout de même que tous les Austin powers réuni. On lorgne sur y'a t-il un Dujardin pour sauver Rio, dans l'ensemble on rit, parfois on note la veulerie. Le super-héros pas super, le soin mis à la reproduction de l'ambiance, la qualité du pastiche, tout ceci fonctionne correctement. Pour une fois, le pop corn peut être de sortie, le film est principalement populaire, et a ce mérite, les grands Bebel (sans son chien) l'étaient. La comparaison ne va peut être pas plus loin. Un moment sympathique et finalement pas si criticable.

samedi 25 avril 2009

Coco avant Chanel d'Anne Fontaine


Il y a moins d'un an sortait La fille de Monaco -une manière, pour Anne Fontaine, de se faire la main avant d'attaquer un projet qui lui tenait à coeur, l'adaptation de L'irrégulière, d'Edmonde Charles Roux, retraçant le passé peu connu de Gabrielle Chanel.

Peu connu et pour cause : celle que l'on appelait Mademoiselle était avare de confidences et aimait à brouiller les pistes. Orpheline -mère morte et père abandonnique-, couseuse de rien du tout, chanteuse dans un "beuglant", presque cocotte, Gabrielle Chanel l'a pourtant été. Et le très chic surnom Coco n'est autre qu'au départ un prénom de chien pour chanson gouailleuse de cabaret.

2009 est décidément une année Chanel : un téléfilm avec Shirley Mac Laine retraçant sa vie sur France 2, le film de Fontaine, mais aussi un autre imminent de Jan Kounen avec Anna Mouglalis.


Dans Coco avant Chanel, Audrey Tautou donne corps de façon plus que crédible à celle que Colette appelait "le petit taureau noir" : recueillie par Balsan (Benoît Poelvorde), un gentleman farmer qui l'a repérée alors qu'elle chantonnait dans son café, elle amuse la galerie de son anti- conformisme déjà prononcé, avant de rencontrer l'homme qui comptera parmi tous : Boy Capel.

Ce dernier la révélera à elle-même, catalyseur du génie stylistique d'une figure capitale du monde moderne -oui.

Interprétation impeccable : Tautou faite pour le rôle, Poelvorde sur la corde du bouffon sensible et qui n'est jamais mieux que dans un film "sérieux", mais aussi Marie Gillain, plantureuse à souhait dans le rôle de la vraie-fausse soeur de Coco, Emmanuelle Devos en courtisane de renom. Quelques touches humoristiques singulières qui nous rappellent qu'on est bien chez Anne Fontaine. Les moyens sont là, peut être trop car la réalisatrice, qui excelle dans l'ambiguïté malaisante (Nettoyage à sec), croule sous une couche de gros moyens et d'un personnage -et quel personnage !- qui fut réellement. Cela se ressent notamment dans la musique par trop hollywoodienne qui accompagne le spectateur par la main. Ce film porte le label qualité et comblera, notamment par sa méticulosité à l'histoire de la femme et de son oeuvre de mode, quiconque s'y intéresse un peu. Les autres seront contentés par l'efficacité formelle de l'objet filmique et l'interprétation attachante -mention vraiment spéciale à Poelvorde. Les fans d'Anne Fontaine et de son style cru, larvé, sortiront en revanche un rien frustrés.

samedi 11 avril 2009

Wendy et Lucy: un désenchantement social

Wendy et Lucy est le troisième film de la réalisatrice indépendante américaine Kelly Reichardt. Une affiche aux couleurs d'une ballade buccolique pour une histoire qui vire au noir. Wendy est une jeune voyageuse fauchée en partance pour l'Alaska avec pour seul compagnon de route sa chienne Lucy. Elle va tomber en panne dans une bourgade paumée de l'Oregon et les galères vont commencer. Elle se fait arrêter pour vol, va perdre sa chienne ...partir à sa recherche . Spectateurs, nous allons l'accompagner dans ce "road movie arreté", et finalement se prendre d'affection pour ce petit bout de femme déterminée à suivre sa route et ne pas flancher face aux difficultés.


Voilà donc un film sur la précarité aux Etats unis (les principales relations de Wendy sont également dans le dénuement).On peut déceler une des intentions de la réalistrice : faire de ce film un plaidoyer modeste pour la solidarité. Un petit film humaniste sans effet lacrymal , ancré dans une réalité sociale douloureuse . Un film qui sans nous endormir, réveille plutot chez nous une prise de conscience pour les situations de détresses sociales et humaines du quotidien.


Wendy est incarnée par la douce et touchante Michelle Williams qui a débuté dans la série à succès Dawson. On a pu la voir depuis chez Wim Wenders dans "Land of Plenty" ou encore dans "le secret de Brockeback Mountain "d'Ang Lee. Dans ce film elle se révèle trè crédible incarnant avec beaucoup de nuances un personnage laissant entrevoir ce que peuvent être le comportement et les attitudes d'une jeune "travelleuse" américaine d'aujourd'hui. On peut signaler qu'elle apparaitra dans le prochain Scorcese "shutter Island".Un avenir prometteur?


Peut on dire que kelly Reichardt réinvente le road movie? En tout cas elle adapte son sujet aux préoccupations contemporaines de la jeunesse d'aujourd'hui. Ce n'est plus tant la quete de liberté que recherche le personnage comme dans le cultissime "Easy Rider" mais un souci de préservation , une quete de la survie plutôt, un désir d'équilibre social. Il ne semble plus y avoir de place pour rêver dans cette société là. L'american way of life paraît bien loin .





Tout au long du film , Wendy fredonne un air de musique . C'est cette petite musique qui déraille qui nous séduit : Wendy et Lucy ou l'histoire d'un désenchantement social.

jeudi 9 avril 2009

A l'aventure ... oui ... sans moi *



Brisseau est à la base un bon réalisateur, avec des revendications et un discours pédagogique (eh oui, cela peut surprendre, mais le monsieur fut professeur, et quand il parle d'éducation il en parle bien, et il en parle presque tout le temps). "De bruit et de fureur", comme "Noces blanches " sont par exemple assurément des bons films.

Le père Brisseau brille aussi pour ses interrogations religieuses, mystiques. Il brille bien moins ces dernières années, que ce soit à la scène et sa trilogie féminine qui lorgne du côté de la série érotique de M6 (et je ne vous parle pas du série rose de Borowitz), du côté du porno, même; ni queue ni tête pas complètement, avec queue et toujours un peu de tête quand même, ou à la vie, quand ses castings dénudés lui valent peine de prison.

Son nouvel opus se nomme "à l'aventure", et je serai bref, comme il se doit pour un film plus mauvais que bon.

Le bon: une photographie des paysages intéressantes, quelques réflexions intéressantes, la mise en parallèle de la science avec l'ésotérisme, l'interrogation psychanalitique, un sens de l'érotisme et un questionnement de son origine qui peuvent se défendre.

Tout le reste est tout simplement indigent. A commencer par le scénario, et surtout l'ntrigue principale, d'une invraisemblance qui n'a son pareil que dans les mauvaises séries B (Barbarella, Flash Gordon; ... magnifique SF), ou bien, mais c'est là lui faire un peu trop d'honneur, du côté de "l'exorciste".

N'escomptez pas y trouver l'extase, le mysticisme de "Le Moine" de Lewis (référence à Artaud), ou encore la qualité de "La religieuse", vous y trouverez juste un simple prétexte à mettre en scène les fantasmes du gros salopiaud, des veuleries, des personnages fadasses, acteurs et actrices recrutés pour leur propension à se livrer sans dessous à la caméra, sans commune raison, plates pensées lycéennes (le programme de physique y est revisité, artifice masquant, légitimant ?).

Certes, on perçoit que Brisseau a pu être un bon cinéaste, mais il est aujourd'hui beaucoup plus proche d'un très mauvais Vadim que d'un Bresson désinspiré, avec qui bizarrement, on aurait pu faire quelques parallèles au début de sa carrière.

Le monsieur débloque selon moi.

A moins d'être voyeur, franchement, évitez ce film et n'écoutez surtout pas les critiques ridicules des inrockuptibles ou des cahiers du cinéma (comment ont-ils pu trouver ce film bon ?)




jeudi 2 avril 2009

Coup de coeur: Tokyo Sonata *****


Voici un coup de coeur bluffant. Difficile de démarrer ce billet, par où commencer ?

Par le début peut être, la fin ? Les impressions spécifiques ? L'impression générale ?
Non, démarrons par dire que nous avions laissé Tokyo vu par Gondry, Carax, ou encore Joon-Ho, des étrangers en somme. Nous étions séduits, imbibés.

Nous retrouvons maintenant Tokyo vu par un cinéaste Japonais, Jiyoshi Kurosawa.
Tokyo Sonata obtint le prix du jury de la sélection "un certain regard" à Cannes, et oui nous pouvons dire que le regard est intéressant.



Tentons l'impossible, la comparaison. Qui plus est, la comparaison osée.

Prenez Tarantino, enlevez le côté Kitano, l'action et les pan-pan, gardez l'absurde, le burlesque, le rocambolesque, tintez d'un soupçon d'Elia Suleiman, histoire de concentrer l'abracadabrant, ajoutez un soupçon de la maîtrise de l'arrêt sur image (la photographie) de Kubrik; mélangez le tout avec une réflexion bergmanienne, sur les relations familiales, la filiation, la course du temps et le sens de la vie, contez tout ceci dans une chronologie tout à la fois respectueuse mais aussi déroutante, écoutez "a day in the life" ou "paranoid android", pour vous rappeler que la construction musicale peut oser les étapes distinctes tout en assurant une continuité, la qualité; corser le tout en mélangeant les petites histoires dans la grande histoire, en dressant des portraits attachants ou rebutants, conservez cette liberté de construction, et mélangez allègrement tragédie, humour, et sensibilité; terminez votre oeuvre tel un chef: la note finale, la sonate, amère et douce tout à la fois, virtuose, vous entonne subliminalement une critique acide de la société japonaise, de Tokyo, avec un sens de l'observation et une acuité rare. Cette perle, Tokyo Sonata, surprendra alors tant dans sa peinture contemporaine, dans son surréalisme, dans sa maîtrise tout simplement.


Excellent.