samedi 23 janvier 2010

Gainsbourg (vie héroïque) de Joan Sfar... plutôt pour ! **



Gainsbourg vu par Joann Sfar, du jeune Lucien Ginsburg des années 40 jusqu'au compositeur et chanteur célébré dans le monde entier...



Ce film est autant un film parlant de Gainsbourg que de Joann Sfar, dont la présence claque à chaque image par le biais du dessin animé, des animations 3 D, des marionnettes, des dessins ou des toiles de L.Ginsburg peintes (ou plutôt dessinées) par Joann Sfar himself...

Le bédéaste désormais cinéaste fusionne, de son propre aveu, le peintre Pascin dont il a mis en en scène la vie en BD ou Romain Gary au beau Serge. Le "vrai" Gainsbourg passe donc au second plan. Il n'est qu'un sujet, un prétexte.




La première partie du film, celle qui s'attaque à la vie méconnue de Lucien G; ou du jeune Gainsbourg, fontionne parfaitement : un films onirique, un BD animée, qui mêle les obsession de Sfar -la judaïsme, les femmes, un humour particulier à une vie mensongère de Gainsbourg -ou comment Gainsbourg réarrangeait sa vie au gré de son esthétisme et d'un imaginaire fort.

Dès lors que le film s'attaque à la partie "connue" de Gainsbourg, les escapades dans l'onirisme fonctionne moins bien? Sfar se fait maladroit, mélange honteusement les époques. Le Gainsbourg ayant eu sa crise cardiaque dans les années 70 n'étaient nullement en uniforme de Gainsbarre, pas plus qu'il n'est monté sur scène à l'époque de l'album Rock around the Bunker, ni qu'il ait rencontré Bambou à la sortie de Love on the beat (1984) ou... des Guignols (1990). La deuxième époque du film expose des éposodes médiatisées : l'enregistrement du premier album reggae (sa période musicale la moins bonne) , le scandale à la sortie de La Marseillaise reggae. Le film se fait dès lors beaucoup moins intéressant, voire ennuyeux et bâcle. Sfar a contre lui les images peuplant l'inconscient collectif français voire international : les apparitions mythiques du couple formé avec Birkin puis Bambou, l'épisode de sa confrontation avec les paramilitaire français devant qui il a chanté la Marseillaise version classique... Image qui se superposent à celles de Sfar, le plus souvent à son détriment.

Sfar, débutant au cinéma, mais superstar de la BD, expédie son sujet et l'on sent qu'il a été peu remis en question dans ses choix artistiques. Il a tout de même pour gloire de faire exister, dans un premier temps, un Gainsbourg pascinïsé, de réussiter de beaux morts -parfois encore en vie, parfois fictifs- ou de rendre hommage à des figures éludées par Gainsbourg lui-même : la maman de Lucien, sortie tout droit d'un tableau de Klimnt, la Muse-modèle du petit Lucien, Elisabeth Levinsky (première épouse), Françoise-Antoinette Pancrazzi (deuxième épouse), et par ce biais leurs enfants Paul et Natacha...



Car ce film aurait pu s'appeler Gainsourg et les femmes, de par le défilé impressionnant de tout les types de beauté qui côtoient le personnage : de la ronde pulpeuse très sfarienne (le Modèle, Elisabeth, la coiffeuse) à la beauté froide à la Grace Kelly (Françoise) ; de l'icône de beauté mondiale (BB) à l'archétype Birkienne(touchante Lucy Gordon) ou Bambouien (étonnante Mylène Jampanoï) beauté fragile, frêle, émouvante en passant par la fausse lolita (Sarah Forestier en France Gall) à la vraie femme fatale ensocelante (Anna Mouglalis en Juliette Greco)...

Casta est l'une des incarnation les plus marquantes, en ceci qu'elle relève le défi (avec succès) d'incarner Bardot, jamais tant abordé de font au cinéma depuis la retraite précoce du sex symbol. Casta a été dirigée par BB elle-même qui lui prodigua force conseils et précisions, et cela se sent, et cela se voit : on y croit, presque autant que lorsque qu'on voit Eric Elmosnino de profil : pour peu, on croirait voir les vrais devant nous.



En somme un film dont les images imprégnent les rétines et la mémoire, mais choit en plein milieu, déçoit aussi : et pour cause, il était trop attendu

vendredi 22 janvier 2010

Gainsbourg (vie héroique)**

Gainsbourg (vie héroique) est le premier film de Johann Sfar, auteur de bd reconnu.
On attendait avec impatience la sortie de ce film sur l'un des personnages les plus provocateurs, les plus sulfureux et finalement les plus aimés du paysage français. Sfar a voulu donner sa propre vision de Gainsbourg.
Ce n'est donc pas strictement un "biopic" mais un "conte" que nous présente le réalisateur. Il laisse donc une large place à l'inventivité dans le portrait qu'il fait de Gainsbourg. Cependant, pour ceux qui connaissent sur le bout des doigts la vie du chanteur, ils reconnaitront beaucoup d'élements puisés dans ses nombreuses biographies. Par ailleurs Sfar s'est beaucoup documenté pour retracer la vie de l'artiste dans des interviews télés entre autre. Pour représenter Gainsbourg, Sfar se tient tout de même à une trame chronologique qui va de son enfance, dans les années 40, aux médiatiques années 80.
Entre paranthèses, le voyage parcouru par le jeune Lucien à l'étoile jaune immigré russe au Gainsbourg chantant la marseillaise devant les paras est édifiant. Un modèle d'intégration en plein débat sur l'identité nationale?
Mais revenons en au film. Le graphisme bd du générique du début du film baigne le spectateur dans une ambiance onirique. On s'attend alors à voir un Gainsbourg fantasmé par Sfar, un Gainsbourg personnel. Pari en partie réussi. Le réalisateur va aborder les différents aspects de la vie du chanteur: sa judéité (l'enfance juive), la peinture, la musique, les femmes ... en mêlant rêve et réalité.

Pour incarner Gainsbourg adulte , Sfar a choisi le comédien Eric Elmosnino qui a une ressemblance frappante avec le chanteur, un mimétisme dans l'attitude, la voix, les gestes. Il nous dévoile un personnage bohême, fragile, lunaire, timide, farceur, avec cette pointe d'insolence qu'avait Gainsbourg. Les rôles féminins submergent littéralement le film, comme si les femmes avaient contribué à façonner le mythe Gainsbourg. Elles sont la clef de son succès, le fruit de ses idylles et de ses déboires amoureux. Tout d'abord Anna Mouglalis campe une Juliette Géco ténébreuse à souhait, Laetitia Casta crédible dans le rôle d'une Brigitte Bardot fatale. On peut noter l'apparition de Yolande Moreau qui incarne la chanteuse Fréhel et la jeune Sarah Forestier (héroine de L'Esquive) dans la peau d'une France Gall débutante qui goutera bientôt aux délices des sucettes à l'anis. Mylene Jampanoï clôture le bal dans le rôle de l'ultime femme : Bambou. Mais l'interprétation la plus juste et la plus touchante revient à Lucy Gordon qui révele une Jane Birkin nature -sans doute la moins sophistiquée de toutes ses muses. Elle donne une fraicheur et un naturel inédits au personnage.

Dans le film, Sfar invente un double à Gainsbourg, une créature tout droit sortie de son imaginaire, qui le suit dans ses déplacements : une sorte de mauvais génie. La présence de ce personnage donne une dimension ludique et surréaliste au déroulement du film. On peut l'interpréter comme la conscience de l'artiste. Au point de vue musical, on reconnaitra quelques standards du chanteur et sinon on peut noter que les morceaux ont été réarrangés pour le film. On aurait pu souhaiter que Sfar se penche plus sur la relation de Gainsbourg à la création musicale. A noter la présence du chanteur Boris Vian incarné par un Philippe Katherine égal à lui même. Le film n'apprend rien de plus aux fans de Gainsbourg sur sa vie. Mais par contre il permet au spectateurs de voir deux univers s'entrechoquer : la bd et le cinéma. D'ailleurs, Sfar intervient dans le film en prêtant sa plume au jeune Lucien dessinateur. Sans doute que le film ne restera pas dans les annales du cinéma. Mais il a ses moments de grâce surtout quand on aime Gainsbourg, le roman de sa vie. En préférant mentir sur la vie qu'il retranscrit du chanteur, Sfar nous laisse l'opportunité de garder notre propre vérité sur l'artiste et de continuer à projetter nos propres fantasmes en l'écoutant. Car le Gainsbourg qu'on aime le plus c'est celui que nous n'avons pas connu et que nous ne connaitrons jamais.


mardi 19 janvier 2010

Mr Nobody *****

Au bon souvenir de Jaco Van Dormael. En contraste avec d'autres réalisateurs qui ne se font pas rares, Jaco Van Dormael n'était pas réapparu sur grand écran depuis "le huitième jour", portrait humaniste et tendre qui contait l'amitié entre Daniel Auteuil et Pascal Duquenne, trisomique acteur, nous étions en 1996. Tous deux étaient récompensés du prix d'interprétation à Cannes.
Jaco Van Dormael, c'est aussi et bien sûr "Toto le héros", formidable récit, où la tendresse, la nostalgie, les facéties tout aussi bien du jeune Toto que du même Toto, plus agé, extraordinaire Michel Bouquet, ne pouvaient que difficilement laissé insensible, surtout que la marque de fabrique est l'imaginaire, voire l'onirisme.
Oh il y a bien eu le clip de Ladyboy pour Indochine, mais cela ne compte pas vraiment ...
Jaco Van Dormael revient donc en 2010, avec un projet mégalo, avec un budget conséquent, dans un film qu'il a mis plus de 7 ans à écrire, et dont il a léché absolument tous les plans.
Géniale mise en scène, qui ose des prises de vues très novatrices, pour conter un récit qui veut montrer la complexité des choses, la complexité des destins, la complexité de l'amour; la complexité de la science et des inconnus, autour de la zone d'ombre, trou noir, de la réunion de la mécanique quantique avec la théorie de la relativité générale; la théorie des cordes qui ouvre la porte de la réversibilité du temps, de la multiplication des dimensions temporelles.
Au départ, un enfant doit choisir entre son père et sa mère, qui se déchirent. au départ, mais aussi en fin. Le destin sera différent s'il prend le train où ne le prend pas, tout comme il sera différent s'il choisit de vivre son amour, de vivre par amour, de vivre aimé, ou de vivre amoureux perdu.
L'amour encore et toujours, qui d'un pari adolescent mène à Mars, après hibernation. Le décor devient futuriste, les moyens sont d'importances, les trouvailles curieuses et sympathiques. D'aucuns ne diront que cela a déjà été fait, peut être, mais dans des oeuvres de seconde zone; ici, l'univers d'un Gondry par exemple n'est pas imité, il est outrepassé, relégué à ses études; le bric à brac inventif frise parfois le génie; les effets visuels irradient, et Clouzot s'il était venu au bout de son "enfer" ne l'aurait pas renié, au contraire de Chabrol qui refuse la sophistication.
Ce film ne se raconte pas, il se rêve; vos paupières sont lourdes, lourdes, et Mr Nobody va vous faire voyager parmi ses souvenirs, rêveries et autres incertitudes. Il sera le dernier être humain à mourir, le dernier être humain à conter l'amour.
L'onirisme permanent se ressent dés le départ, et ne vous quitte pas, le récit est celui de quelqu'un qui aime à la folie, qui confond, qui se raccroche au signe. La déconstruction totale du récit est un autre coup de maître, là ou Lynch pourtant précurseur se leurrait dans le patchwork (inland empire) à nous confondre, Van Dormael réussit ce pari assez fou de déplacer son récit dans tous les sens, de le reprendre en permanence là où il ne l'avait pas laissé. Le montage est proprement sidérant.

Il reste à commenter les acteurs, à commencer par Jared Leto, retenu pour ses qualités de transformiste. Voilà une dimension supplémentaire, à un film qui n'en manque pas. Il excelle disons le, son faciès sied à merveille à ce personnage de Mr nobody, personne et tout le monde à la fois.
Les personnages féminins ne sont pas en reste, 3 femmes pour 2 partitions riches (Diane Kruger, Sarah Polley) et une plus en retrait (Linh Dan Pham).
Les adolescents et enfants y sont très touchants, car c'est là l'une des caractéristiques principales de Van Dormael, il parvient là où peu se risquent, à nous émouvoir, à nous toucher très sensiblement, à force de positivisme, de tendresse, de rêve, d'humour léger, d'amour disons le (eh oui c'est un romantique patenté); et c'est là un exercice de style extrêmement difficile.
Une bonne partie de la critique s'est agacée de l'ambition montrée par Von Dormael sur ce film; cette distance qu'il prend par rapport au métier déplait, surtout que son arrogance va jusqu'à glisser dans son film que le cinéma français se complaît dans l'inaction et la lenteur; lui préfère la musique omni-présente, et son frère lui offre ici une bande originale très appropriée, entre référence nostalgique et air mélancolique au piano.
Cette oeuvre ne plaira pas à tous, elle a de quoi déranger, le rêve proposé ne parlera pas à tout à chacun, Van Dormael s'est exposé à trop se cacher; a pris des risques, et son film dont il dit lui même que c'est un film sur le doute mais qu'il en doute, a réellement de quoi devenir culte, à classer dans les incompris.
Maintenant, cela n'empêchera jamais que beaucoup préfèreront que les hauts budgets soient utilisés à la Cameron ...



lundi 18 janvier 2010

Agora d'Alejandro Amenabar ***



IVème siècle après Jésus-Christ. L'Egypte est sous domination romaine. A Alexandrie, la révolte des Chrétiens gronde. Réfugiée dans la grande Bibliothèque, désormais menacée par la colère des insurgés, la brillante philosophe-astronome Hypatie tente de préserver les connaissances accumulées depuis des siècles, avec l'aide de ses disciples.
Parmi eux, deux hommes se disputent l'amour d'Hypatie : Oreste et le jeune esclave Davus, déchiré entre ses sentiments et la perspective d'être affranchi s'il accepte de rejoindre les Chrétiens, de plus en plus puissants...




Nicole Kidman a refusé d'incarner le rôle d'Hypathie, source de controverses, et c'est tant mieux car nous ne perdons pas au change, au contraire : la sublime Rachel Weisz (The constant gardener) incarne la philosophe, personnage central et clé de ce péplum-qui-n'en-est-pas-vraiment-un.
Amenabar, réalisateur d'origine espagnole est connu pour ses films glaçants Ouvre les yeux et Les autres. Il passe à un autre style de film sans s'y casser les dents et prouve qu'un film d'auteur à grand (très grand) budget peut encore exister. Les scène d'actions sont novatrices et parfaitement maîtrisées, la reconstitution impeccable, les scène intimes sont aussi bien tournées et fortes que les scènes d'actions et des plans intriguant et audacieux viennent nous rappeler qu'il s'agit d'un film fait par un artiste et non par un technicien au service d'Hollywood.
Le personnage d'Hypathie, figure centrale de l'intrigue, jeune femme de génie sourde aux bassesses humaines, éprise de science et de quête de vérité, accroche et fascine le spectateur autant qu'elle déchaîne les passions. Elle s'affirme comme un esprit avant d'être une femme -enfermée dans son inflexible ascèse- et refusant l'amour de son disciple et de son esclave, elle devient femme d'influence, femme politique, symbole d'un monde à détruire pour ses détracteurs. En somme, elle bouleverse autant qu'elle dérange. Présence charismatique et interprétation impeccable de Rachel Weisz qui trouve ici écrin à son talent après des débuts difficiles -La momie.



Autour d'elle, les intellectuels et cinéphiles découvriront avec surprise Michael Lonsdale (oui celui des films de Marguerite Duras ou de La question humaine) mais aussi des visages familiers tels que celui du très mignon Max Minghella (Art School Confidential) ou celui du terrifiant Ashraf Barhom (La fiancée syrienne, Paradise now).

Agora peut être un film très dérangeant pour le spectateur croyant -un film certainement plus scandaleux en Espagne ou aux États Unis qu'au pays de Voltaire. Car le réalisateur se place ostensiblement du côté de son héroïne, qui ne croit qu'en la science, et montre un visage barbare et dangereux des religions -quelles qu'elles soient. L'épilogue, fondé sur des réalités historiques, montre un visage peu avenant de la religion chrétienne.
Difficile aussi de ne pas établir un parallèle évident avec le monde actuel, là où tant de guerres ou d'actes sanglants ont été provoqués avec, pour otage ou prétexte, la Vérité et la Volonté Divine, prétexte aux manipulations et oppressions politiques, aux injustices, aux bains de sang.



Site officiel du film : http://agorathemovie.com/

dimanche 3 janvier 2010

Tetro... beau ! ****

F..F. Coppola avait presque disparu de notre conscient, après avoir marqué l'histoire du cinéma avec ces pièces de maître, les plus connues, que sont Apocalipse now, et la série des Parrains.
Les années 2000 ne furent pas les siennes -la succession étant par ailleurs bien assurée par sa fille. A croire qu'il attendait l'orée -l'aube?- de la deux cent unième décennie pour rappeler de quel cinéma il se déclare, de quelles inspirations lyriques il était capable.
Le Parrain est de retour serait-on tenté de dire, avec une coloration cette fois-ci très indépendante, novatrice même. Les flashback colorés répondent par merveille au léché du noir et blanc narratif, l'effet peut sembler tout à la fois simple, étrange; il est en fait symbolique de la réussite du film, qui convie différents arts, différentes intrigues, différentes lumières, différents plans, le tout dans une musique littéraire orchestrée de baguettes de maître.
Coppola sait de plus ici séduire un public moins testostéroné, si les thèmes de parricide, de référence au père, de trahison, de lutte d'influence, la rivalité ne nous sont pas étrangers dans sa filmographie, ici la relation à trois entre les personnages, tous excellemment interprétés - Vincent Gallo, Alden Ehrenreich, Maribel Verdu -, passionne très rapidement, le mystère plane, les mises en abîmes se succèdent les unes aux autres, nous sommes conviés à un voyage artistique, de l'opérette au théâtre de cabaret, du concert à la littérature; les destins se croisent et se rencontrent.






Cinéma américain peut être, à l'inspiration indépendante, à la coloration européenne.
L'ambiance nous questionne, nous émeut aussi, en quelques mots, ce film présente un charisme singulier.
Une véritable réussite, à laquelle les effets spéciaux, qui sont nombreux, contribuent dans une orientation rare; à la surenchère et à la démonstration, Coppola préfère la finesse, l'invention onirique, le tout en grande discrétion. Le seul bémol que l'on pourrait émettre serait le trop plein scénaristique, mais est-ce un mal ?
Pourquoi ce film n'a-t-il pas trouvé sa place dans la sélection officielle de Cannes ? Pas suffisamment austère peut être ... Dommage, quelques récompenses se sont sans doutes perdues.



Palmarès 2009 de Fred










































samedi 2 janvier 2010

Palmarès 2009 d'Emilie













samedi 5 décembre 2009

Autre chef d'oeuvre : HADEWIJCH de Bruno Dumont *****

A voir absolument, quoi que cela vous coûte.

Vincere de Marco Bellochio : attention, chef d'oeuvre ! *****

On n'avait pas vu ça depuis L'Amour Braque de Zulawski.

jeudi 26 novembre 2009

Soirée Fantastique à Fougéres

Le cinéma Le Club de Fougères organise une soirée fantastique, le vendredi 4 décembre, avec deux films: La Route de John Hillcoat et The Children de Tom Shankland. La soirée débutera à 20H avec celui-ci:

Il y a maintenant plus de dix ans que le monde a explosé. Personne ne sait ce qui s'est passé. Ceux qui ont survécu se souviennent d'un gigantesque éclair aveuglant, et puis plus rien. Plus d'énergie, plus de végétation, plus de nourriture... Les derniers survivants rôdent dans un monde dévasté et couvert de cendre qui n'est plus que l'ombre de ce qu'il fut. C'est dans ce décor d'apocalypse qu'un père et son fils errent en poussant devant eux un caddie rempli d'objets hétéroclites - le peu qu'ils ont pu sauver et qu'ils doivent protéger. Ils sont sur leurs gardes, le danger guette. L'humanité est retournée à la barbarie. Alors qu'ils suivent une ancienne autoroute menant vers l'océan, le père se souvient de sa femme et le jeune garçon découvre les restes de ce qui fut la civilisation. Durant leur périple, ils vont faire des
rencontres dangereuses et fascinantes. Même si le père n'a ni but ni espoir, il s'efforce de rester debout pour celui qui est désormais son seul univers.


Puis à 22H30:
Deux familles se réunissent dans une maison de campagne pour célébrer les fêtes de Noël. Un havre de repos pour les parents, un parfait terrain de jeu pour les enfants. Très vite pourtant, ce moment privilégié prend une tournure qu'aucun des adultes n'aurait pu envisager : leurs propres enfants, sous l'effet d'un mal mystérieux, se retournent contre eux avec une cruauté et une ingéniosité implacables.


Deux bons films fantastique pour 11€, mais si on veut les films peuvent être vus indépendamment pour son tarif normal. Pour plus d'info, addictes d'hémoglobines, c'est ici

dimanche 8 novembre 2009

Les Herbes Folles***




Les Herbes Folles est le nouveau film d'Alain Resnais qui a reçu un prix exceptionnel du jury au dernier festival de Cannes. Le réalisateur agé de 87 ans n'en finit pas de nous étonner, une fois de plus avec cette histoire surprenante, étrange fruit de son imaginaire débridé. Car depuis quelques années on reconnait au fil de ses films les ingrédients de son cinéma : beaucoup de fantaisie, de la folie douce, une place importante accordée à l'imaginaire et un univers visuel fort.



Les Herbes Folles est l'adaptation d'un roman de Christian Gailly "L'incident". Resnais met en scène une femme Marguerite Muir (Sabine Azéma) qui se fait voler son sac à main à la sortie d'un magasin de chaussures. Un homme retraité Georges Palet (André Dussolier) va retrouver un portefeuille appartenant à cette femme et va alors vouloir retouver sa trace, rencontrer cette femme, la connaitre peut être c'est ce qu'on verra. L'histoire nous est racontée par la voix off d'Edouard Baer. On entre alors dans le film comme dans un conte, comme une histoire qu'on raconte à des enfants qui rêvent d'évasion, de surprises voire d'enchantements. Dès le début du film on s'attache à son atmosphère étrange, singulière, décalée. En effet on retrouve le tandem Dussolier-Azéma socle de la famille Resnais qui s'ouvre à de nouveaux comédiens comme Mathieu Amalric, Emmanuelle Devos, Anne Consigny ou encore Sarah Forestier et Nicolas Duvauchelle. Ce qui nous intéresse c'est le destin du couple Dussolier- Azéma, pas tant leur histoire mais plutôt la façon de la raconter, da la mettre en scène. Du point de vue de la mise en scène, Resnais montre une liberté totale qui lui permet toutes les audaces formelles. Par exemple lors d'un déjeuner familial, la caméra s'égare, virevolte sur un air jazzy. On ressent le plaisir de filmer du réalisateur. On est aussi frappé par le traitement des couleurs du chef opérateur Eric Gautier qui avait déja travaillé sur le précédent Coeurs. Son travail rappelle un certain Wong kar Wai. Les couleurs vives donnent un aspect surréaliste au film (la coiffure rouge pétante de Sabine Azéma, Les robes d'Anne Consigny...).




On peut noter également concernant les personnages du film qu'Alain Resnais s'est inspiré des comics. En effet certains sont représentés comme des personnages de b.d, le duo de policiers par exemple ressemble aux dupont-dupont. Alain Resnais crée son propre monde. Il se permet aussi d'inclure une fausse fin dans le film. Cependant on peut se sentir perdu par une narration un peu brouillonne, frustré par le manque d'épaisseur des personnages . On se dit finalement que Resnais à 87 ans expérimente encore et que ce qu'il aime c'est réserver des surprises au spectateur, le déconcerter aussi. Pari tenu.

jeudi 22 octobre 2009

le Ruban Blanc**

Dans le Ruban Blanc, Michael Haneke nous transporte en 1913 en Allemagne du nord dans un village protestant à la veille de la première guerre mondiale. Des évenements étranges sont survenus dans ce village. Un narrateur âgé, l'instituteur du village, nous raconte cette histoire qui s'est déroulée dans sa jeunesse pour lui apporter un nouvel éclairage. En effet plusieurs évenements restent inexpliqués : un médecin accidenté, le fils du baron malmené et un enfant trisomique dont on a tenté de crever les yeux ...

Haneke nous plonge dans un univers austère, filmé en noir et blanc, en costumes d'époque (à ce titre la reconstitution historique est parfaite de précision). La mise en scène est rigoureuse avec des plans très soignés. Un univers apparemment policé qui dévoile des pesonnages étranges et des enfants tourmentés. Une éducation rigoriste est donnée à ces jeunes allemands. Haneke nous dépeint des personnages viciés dans leur noirceur : un pasteur autoritaire, un régisseur violent et un médecin sadique. Ce sont les visages des enfants qui disent le mieux la peur et l'enfermement qu'on leur transmet. Contrairement aux autres films de Haneke, la violence est souvent hors champ, n'est pas démonstrative mais se cache derrière les portes. Haneke suggère plus qu'il ne montre. Une violence mentale est exercée sur les enfants. Le Ruban Blanc est un film où les bons sentiments sont absents, refoulés ou cachés pour reprendre un titre de ces films. La seule lumière vient de l'instituteur, qui raconte l'histoire, c'est un homme ouvert. Sa rencontre avec une jeune nurse du domaine va conduire le film parfois vers une dimension plus apaisée, plus romantique.

Haneke décrit également les rapports de pouvoir entre le baron du village et les simples fermiers. Il y décrit l'injustice qui conduira un homme au suicide. Les images violentes comme la pendaison d'un fermier sont furtives mais marquent les esprits. Parallèlement une enquète policière suit son cours sur les événements tragiques qui frappent le village mais ceux-ci semblent être un prétexte narratif pour explorer l'âme des habitants, l'âme humaine en général.


On peut noter la prestation remarquable des enfants. La signification du titre du film est assez simple. Le ruban Blanc est le ruban que le pasteur noue aux bras de ses enfants pour les purifier. Là encore l'idée du mal est récurrente dans les films d'Haneke. Sauf que, dans ce film, on ne soigne pas le mal mais on l'entretient ou on l'invente. On peut voir à ce titre une critique du protestantisme dans ce qu'il a d'extrême et de systématique.

Voir ici la bande annonce

Court Métrange

Festival rennais du
court métrage insolite et fantastique