mercredi 10 décembre 2008

DVD Roselyne et les lions

Le cinéma de Beineix
Beineix, 37°2 le matin, IP5, vous connaissez quasi obligatoirement, de nom au minimum. Beatrice Dalle, Jean-Hughes Anglade d'un côté , Yves Montand de l'autre pour deux excellents films qui lui ont valu succès. Vous connaissez peut être aussi Diva ou la lune dans le caniveau. Mais Jean-Jacques Beineix est pourtant rarement cité comme un grand cinéaste français, la faute à l'époque transitoire qui voyait Besson triompher de ses Nikita et autres Subway, précurseur des Kassovitz.

Beineix plane, on garde de lui l'image d'un cinéaste irrévérencieux, inégal, adepte des récits tout en longueur. Aujourd'hui monsieur se consacre principalement à la production. Et pourtant ...



En puisant dans sa cinématographie injustement oubliée, il y a pourtant matière à se réjouir. Nous sommes en 1989, entre 37°2 et IP5. La Diva de Jean-Jacques Goldman, Carol Fredericks, nous entonne un air patriotique, remixé façon zoo, pour entamer le show, l'entrée des lions dans l'arène. Au milieu, Isabelle Pasco, égérie toute trouvée d'un jeune apprenti dompteur, inadapté aux raideurs, aux rigidités du système scolaire, sans pour autant être un incapable; image tout à la fois de Beinex jeune, du véritable personnage ayant inspiré ce film: Thierry Le Portier mais aussi reflet troublant d'un acteur méconnu, qui rappelle par certains airs un Dominique de Villepin (Gérard Sandoz) imaginaire. Rassurez-vous Isabelle Pasco campe une Roselyne autrement plus sensuelle que notre actuelle ministre de la santé et du sport.

La critique fut féroce à l'époque, comme un lion en cage, en chaleur. Seul un dompteur d'excellence peut appréhender la bête. Le film, dans sa version intégrale évoque tour à tour des sujets aussi divers que l'éducation [encore et toujours le conseil de discipline], le courage, l'amour, la volonté, la féérie, le cirque, les rapports fraternels, la prise de conscience de son destin, la magie du spectacle, le non fondé des a priori, et présente une mise en abîme intéressante; monsieur le professeur d'anglais, oh combien singulier et réjouissant Bracquart (Philippe Clévenot) se plaît à compter les aventures du jeune Thierry et de sa muse Roselyne, comme Thierry Le Portier avait lui même inspiré ce film à Beineix. Humeur, humour, amour, cocktail permanent pour émouvoir en permanence dans un récit suant la sincérité, l'intelligence, l'humanisme même. Très authentique. Film injustement oublié.



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